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Les sans-fac de Nanterre, toujours en « première ligne » contre la sélection à l’université


« On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants », a soutenu Emmanuel Macron lors de la Conférence des présidents d’université, jeudi 13 janvier. Ces propos ont fait bondir les sans-fac de Nanterre. Ces jeunes occupent, depuis bientôt trois mois, un bâtiment administratif de leur université pour exiger leur droit à y poursuivre des études. « La politique de Macron, c’est d’augmenter les frais d’inscription et de renforcer la sélection pour empêcher les classes populaires d’aller à la fac », résume Victor Mendez, étudiant, membre de l’UNEF et militant NPA. Les sans-fac de Nanterre sont, à ses yeux, « la première ligne du combat » contre cette volonté politique.

Ce jeudi 20 janvier, un meeting intitulé « De la lutte des sans-fac à la grève nationale » aura lieu à 19h, à la fac de Paris X-Nanterre. Xavier Mathieu, Eric Coquerel, Gaël Quirante et d’autres personnalités syndicales ou de la gauche politique y interviendront. Le rendez-vous a été organisé par les quatre fédérations syndicales porteuses du mouvement : l’UNEF, la FSE, l’Alternative et Solidaires étudiant.e.s. Il vise également à soutenir la grève dans l’Éducation Nationale, et à préparer la journée interprofessionnelle du 27 janvier.

Début décembre, les militants ont proposé à la présidence de l’université un nouveau protocole de fin d’occupation. Le deal : obtenir 21 affectations (en licence ou master) au sein de Paris X-Nanterre, et 61 ailleurs en Île-de-France, après examen des situations par le rectorat. Plusieurs réunions ont eu lieu avec la direction de l’université. Mais la position de cette dernière reste ferme : « zéro affectation », déplore Victor Mendez. « Ils nous reçoivent pour nous dire qu’il faut lever l’occupation, et refusent toute forme de négociation ».

Dans un communiqué du 2 décembre, la présidence de l’université assure qu’en 2021, nombre de recours ont déjà été traités. « Plus de 3 000 dossiers ont été examinés et souvent réexaminés par les responsables de nos formations. Nous avons pu résoudre plus de 250 situations, soit nettement plus qu’en 2020 et bien au-delà des capacités d’accueil de l’établissement ». La problématique des jeunes sans affectation « est un sujet national qui mérite bien mieux qu’un conflit local », conclut-elle.

Au quotidien, les occupants déplorent des « méthodes autoritaires et répressives » de la part de cette présidence. Déploiement de vigiles privés, coupures d’électricité pendant plusieurs jours, et autres « dérives »… Pour l’heure, une trentaine d’étudiants composent encore le noyau dur de l’occupation. Ils sont soutenus par une quinzaine de travailleurs issus de l’intersyndicale et d’enseignants.