Violences policières : les accusations contre le jeune homme arrêté à Bordeaux font pschitt

 

Arrêté brutalement par la police en marge de la manifestation des gilets jaunes du samedi 8 février à Bordeaux, le jeune homme vu sur les vidéos ayant circulé sur les réseaux sociaux, est ressorti libre de ses 30 h de garde à vue. C’est son avocat qui l’annonce dans un communiqué où il précise qu’aucune charge n’a été retenue contre lui.

Pourtant face aux images choquantes, les services du procureur de Bordeaux s’étaient empressés d’expliquer que la séquence était « tronquée des moments ayant précédé cette interpellation ». Le directeur de la sécurité publique de Gironde affirmait lui que le jeune homme avait été vu par un policier en train de jeter des pierres. Prompte à venir à la rescousse de ses collègues de Bordeaux, la déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police Linda Kebbab expliquait sur Twitter une version toute personnelle des événements. « Repéré par hélicoptère dans une ville mise à feu, jetant avec ses complices régulièrement des projectiles, dont barres de fer sur les policiers », avançait-elle.

Mais rien de tout cela n’a été retenu par le parquet, malgré la plainte déposé par un policier rapporte Le Parisien. Avec autant « d’élément à charge », le procureur ne donne pas suite, aucun fait délictueux n’ayant pu lui être attribué. Dans cette affaire, il ne reste plus que les images choquantes d’un jeune homme frappé et mis à terre alors qu’il n’opposait aucune résistance ou violence aux forces de l’ordre. Et des déclarations hasardeuses, erronées ou plus : chacun jugera.

Maître Gabriel Lassort son avocat informe de son côté que son client portera plainte auprès du procureur de la République pour « violences aggravées par dépositaire de l’autorité publique et menaces de mort réitérées ». Et de prévenir qu’il n’exclut pas de saisir un juge d’instruction en cas d’inaction des services du parquet.