16 militants handicapés jugés à Toulouse : « le procès de l’accessibilité »

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Avoir accès aux logements, aux transports et finalement à une vie digne lorsqu’on est en situation de handicap. La problématique de l’accessibilité est omniprésente pour qui ouvre les yeux, mais reléguée au second plan par les pouvoirs publics et les entreprises.

C’est d’ailleurs pour la rendre visible et mettre les institutions face à leurs contradictions que les militants de l’association toulousaine Handi-Social ont multiplié les actions coups de poings en 2018 : blocage de l’entrée d’une cimenterie Lafarge pour réclamer le retrait d’un article de la loi Elan, blocage d’un TGV Toulouse-Paris ou encore invasion des des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac avec des fauteuils roulants.

Leur engagement les conduit aujourd’hui devant le tribunal de Toulouse. Ils y risquent jusqu’à cinq ans de prison et 40 000 euros d’amende car Air France leur demande le remboursement des billets d’avion des passagers entravés par l’action. « Ils nous bloquent toute l’année et refusent d’être bloqués une seule petite heure », déclare en substance Odile Maurin, présidente de l’association Handi-Social.

« Procès de l’accessibilité », l’audience qui débute ce 23 mars l’est à double titre. A la fois parce qu’elle vient sanctionner un mode de lutte (le blocage) qui dénonce le manque d’accessibilité des logements et des équipements, mais aussi parce que l’accessibilité de l’audience elle-même n’est pas garantie pour les prévenus ! Selon leur avocat, interrogé par Bastamag : « Le tribunal n’a fait aucune demande sur les aménagements nécessaires pour les personnes jugées qui sont en situation de handicap, pour les recevoir au tribunal de manière accessible, alors qu’ils sont très bien informés de la situation ».

Suivi de la journée ici.

 

Crédit photo : Pierre Bernat.


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