La vie privée et les libertés taxées d’idéologies poussiéreuses par la droite en région Sud

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« Je regrette vivement que la CNIL place la sécurité des élèves de ma région en dessous de son idéologie poussiéreuse », a twitté Renaud Muselier, le président de la région Sud, mardi 29 octobre. Un peu plus tôt, Eric Ciotti considérait sur Twitter que « la sécurité des lycéens et du personnel éducatif doit prévaloir sur des blocages idéologiques d’un autre temps ». Puis le lendemain, c’était au tour du maire de Nice Christian Estrosi de lancer sa charge contre la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), sur les ondes de Sud-Radio.

Mais qu’a donc fait l’institution, pourtant peu connue pour la virulence de ses prises de position, pour être ainsi prise pour cible ? En réalité, faire ce pour quoi elle a été créée : veiller au respect de la loi « informatique et libertés » dans un but de protection de la vie privée et des libertés individuelles ou publiques. Dans le cas qui nous intéresse, elle a tout simplement rappelé aux élus que le projet d’installation de portiques utilisant la reconnaissance faciale dans deux lycées à Marseille et Nice, même à titre expérimental, « ne saurait être légalement mis en œuvre ».

En premier lieu, la CNIL s’appuie sur la sensibilité des données biométriques qui sont attachées à notre identité. Un problème renforcé par le fait qu’un tel dispositif s’applique ici à des mineurs. Enfin, la commission pointe un manque de « proportionnalité » entre le moyen mis en œuvre (la collecte de données biométriques) et le l’objectif recherché (le contrôle aux entrées des lycées). Elle conclut donc que la reconnaissance faciale contreviendrait aux règles du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Des objections inacceptables pour Christian Estrosi qui n’a pas hésité à convoquer le risque terroriste pour conclure que « se priver de technologies issues de l’intelligence artificielle notamment est totalement absurde ». Pour lui, comme pour ses comparses Les Républicains de l’ex-région PACA, les missions de la CNIL consistant à protéger un tant soit peu la vie privée et les libertés, relève de l’idéologie. Et encore, d’une idéologie poussiéreuse. En adepte d’un « nouveau monde », le maire de Nice compte sur le gouvernement pour proposer des réformes et ne pas dit son dernier mot : « avec la pression que nous continuerons à exercer, une institution comme la CNIL sera obligée de céder ». Des méthodes à la modernité pas si évidente.


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