Le Chili, un des pays les plus inégalitaires du monde, craque

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Sept morts et un Président de la République qui parle de « guerre civile » alors que les manifestations n’ont commencé que depuis trois jours. Les événements en cours au Chili frappent par leur ampleur et leur soudaineté.
A l’origine de la mobilisation, une goûte d’eau : l’augmentation du prix du ticket de métro dans une métropole qui concentre environ sept millions d’habitants, soit plus d’un tiers de la population du pays. Mais c’est la deuxième fois qu’il augmente en 2019 et le vase déborde. Rapidement, un non-paiement massif des transports en commun est organisée et violemment réprimée par la police. Le mouvement, dans un premier temps lycéen et étudiant, s’élargit à l’ensemble de la population, malgré le recul du Président Sebastian Piñera sur le prix du ticket, tandis que les revendications gagnent en consistance et que les manifestants exigent l’amélioration des systèmes de santé et de retraites ainsi que la semaine de travail de 40 heures au lieu de 45.

Laboratoire du néo-libéralisme dans les années 1970, sous la dictature de Pinochet, le malaise social couvait dans un des pays les plus inégalitaires de la planète selon l’OCDE. Face au mouvement social, le gouvernement de droite n’a opposé qu’une réponse répressive, instituant un état d’urgence pour quinze jours et arrêtant 1 492 personnes dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays, selon les chiffres des autorités. Des militaires ont également commencé à patrouiller samedi dans les rues pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Pinochet, en 1990.


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