Kingfisher

Le salaire de la directrice générale augmente de 230 000 euros pendant que Kingfisher ferme 11 magasins et supprime 789 postes

 

C’est la presse britannique qui l’a révélé le 9 mai dernier : Véronique Laury la directrice générale de KingFisher, la maison-mère des enseignes Castarama et Brico-Dépôt, a été augmentée de 12 % en 2018. Le salaire de celle qui est restée cinq ans à la tête du groupe européen de bricolage est passé de 1,84 million d’euros à 2,07 millions. Une étonnante récompense alors que les bénéfices de Kingfisher évalués à 809 millions d’euros sont en baisse de 13 % sur le dernier exercice, plombés par les résultats de Castorama dont les profits n’excèdent pas 26 millions en 2018. Véronique Laury est sur le départ, mais elle pourra compter sur un bonus de 600 000 euros auxquels s’ajoutent 383 000 euros en action.

Les salariés du groupe ne sont pas logés à la même enseigne. Au mois de janvier, quatre délégués syndicaux avaient occupé un magasin Castorama du nord de la France pendant plusieurs jours pour réclamer une augmentation mensuelle de 100 euros. Depuis, dans les deux enseignes du groupe, plusieurs journées de grève de 24 h à l’appel de la CGT et FO n’avaient eu pour réponse de la direction du groupe qu’une proposition de hausse des salaires de 1 %. En lieu et place d’augmentations significatives, Kingfisher a annoncé le 20 mars 2019 la fermeture de 15 magasins en Europe dont 11 en France d’ici 2020 : neuf à Castorama et deux à Brico-Dépôt. À la clef, 789 suppressions de postes et un plan de sauvegarde de l’emploi, alors que cette année, selon la CFDT, la maison-mère distribuerait 431 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires.