Quand Airbus utilise un convoi humanitaire pour se fournir en masques

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L’État a menti sur sa gestion des stocks de masque en France. C’est ce que révèle aujourd’hui Médiapart dans une longue enquête consacrée à la crise du Covid-19. Parmi les informations fournies par le journal on apprend que l’avionneur Airbus a bénéficié des largesses du gouvernement pour se fournir en masques alors même que leur usage était drastiquement rationné dans les hôpitaux.

 

Passe-droit à deux reprises.

 

Médiapart explique ainsi que le gouvernement a fourni une liste des secteurs prioritaires aux fabricants de masque 3M. Le secteur 1 (le plus prioritaire) regroupe les établissements de santé, l’industrie pharmaceutique ou encore les forces de l’ordre. Le secteur 2 concentre l’industrie agro alimentaire et l’énergie. Le secteur 3 les secteurs que l’ont pourrait qualifier de non-essentiels : l’industrie automobile, cosmétique, la construction… Or, selon les informations de Médiapart, Airbus est la seule entreprise non essentielle (d’autant plus que 80% de ses avions sont cloués au sol) à avoir été classée en priorité 2 jusqu’au 25 mars. Elle a ainsi pu bénéficier du même niveau de priorité que celles de l’agro alimentaire pour se fournir en masques et rouvrir ses usines le 21 mars.

 

Ce n’est pas le seul privilège dont a bénéficié Airbus. Le 23 mars, le PDG de l’avionneur, Guillaume Faury, annonce qu’un de ses A330 s’est posé à Toulouse avec 2 millions de masques chinois. Sa mission est humanitaire : ces masques seront livrés aux gouvernements de différents pays européens. Or « Une petite partie a été conservée par Airbus afin d’assurer la sécurité des personnels qui travaillent sur nos sites », a reconnu l’entreprise dans un mail envoyé à Mediapart. Et le journal de conclure : « L’avionneur s’est donc bien servi d’un convoi humanitaire pour se fournir discrètement. »

 


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