Tefal

Tefal : retour au tribunal pour l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer

 

Ubu sort de ce palais de justice ! L’entreprise Tefal, propriété du groupe SEB, avait obtenu en 2015 la condamnation de l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer pour « violation du secret professionnel et recel de courriels ». Celle-ci en 2013 s’était penchée d’un peu trop près, au goût de la société d’électroménager employant 1800 personnes en Haute-Savoie, sur un accord portant sur le temps de travail. Elle avait subi alors des pressions de sa hiérarchie pour laisser tranquille ce gros pourvoyeur d’emploi dans la région.

Alertée par un salarié de l’entreprise, licencié depuis, elle avait eu en sa possession des preuves des manœuvres de Tefal auprès de l’inspection du travail, du préfet et des renseignements généraux, pour la faire taire. Cependant, c’est elle qui fut condamnée en première instance pour avoir divulgué ces documents. Une condamnation confirmée à Annecy en appel en 2016, avant que la Cour de cassation n’annule le jugement en 2018. Ce 12 septembre 2019, l’affaire Tefal est donc jugée de nouveau, cette fois-ci devant la cour d’appel de Lyon, et au regard de la loi Sapin 2 de 2016 qui donne un statut aux lanceurs d’alerte.

Plusieurs centaines de personnes sont venues la soutenir avant l’audience à l’appel des syndicats du ministère du Travail CGT, FSU, SUD, CNT et FO. Après des heures de débats, le procureur a demandé la confirmation de la peine prononcée lors du premier appel en 2016. La décision a été mise en délibéré au 24 octobre. Par contre, pour ce qui est du délit d’entrave au travail de l’inspection du travail, personne n’a jamais été poursuivi.