anniversaire gilets jaunes

16 et 17 novembre : pas de cadeaux pour l’anniversaire des gilets jaunes

 

Selon le ministère de l’Intérieur, 28 000 personnes ont participé à l’acte 53 des gilets jaunes, la première des deux journées de mobilisation du week-end anniversaire du mouvement. Ils étaient 44 000 selon un comptage du Nombre jaune, marquant une progression du nombre de participants par rapport aux semaines précédentes. Un peu partout, en guise de cadeau, les manifestants ont pu goûter aux gaz lacrymogènes, comme tous les samedis.

 

À Montpellier, les quelque 1500 manifestants qui quittent le centre-ville pour tenter d’investir la grande zone commerciale périphérique d’Odysseum n’ont pas pu faire de lèche-vitrine. Un cordon de gardes mobiles en barre l’accès. À défaut d’un gâteau d’anniversaire ou d’un cadeau, les gilets jaunes mobilisés depuis 52 semaines ou ceux revenant pour l’occasion ont dû se contenter de gaz lacrymogènes, avant d’être pourchassés deux heures durant d’un bout à l’autre de la ville. Le tout finissant par des nasses et des interpellations. À Toulouse, 2000 à 3000 manifestants ont été accueillis par des tirs de gaz lacrymogènes après 20 minutes de défilé, comme à Dijon où seuls 100 mètres ont pu être parcourus par un cortège de plusieurs centaines de personnes avant un arrosage policier.

Des scènes qui se sont reproduites à Marseille, Lyon et surtout à Paris où le périmètre des lieux interdits aux manifestants avait été particulièrement élargi. Mais si l’attitude des forces de l’ordre pour les un an du mouvement a été en tout point semblable à celle dénoncée depuis des mois par les gilets jaunes ou les différents observateurs des manifestations, la nouveauté principale de ce week-end des 16 et 17 novembre réside dans l’affluence. « Il y a eu une volonté de revenir et de se montrer », observe Stéphanie qui a été active à la Maison du peuple de Saint-Nazaire. Pour leur anniversaire, une partie des gilets jaunes qui avaient déserté ou fait une pause sont revenus sur les quelque 250 points de rendez-vous répartis sur l’ensemble du territoire.

Il faut remonter au 9 mars 2019 pour retrouver autant de manifestants un samedi. Mais au-delà des défilés où la masse a précédé la nasse, les gilets jaunes ont multiplié les actions durant tout le week-end. Reprise de ronds-points ici et là, débats organisés aux bords des routes, blocages dont celui devant la raffinerie Total de Donges vendredi au petit matin, envahissement des galeries Lafayette à Paris ce dimanche, et bien d’autres interventions un peu partout en France. Plutôt une réussite donc, même si certains rassemblements n’ont pas dépassé quelques dizaines de personnes et que le bilan est entaché de nombreux blessés et arrêtés, notamment à Paris ou la préfecture de police faisait état samedi 16 novembre à 20 h de 147 personnes interpellées, pendant que le parquet signalait 129 gardes à vue.

 

Un an et après

 

Ce retour d’affluence représente-t-il un coup d’éclat isolé ou s’inscrit-il dans la durée ? Difficile de le prédire. Certes, un grand nombre de gilets jaunes insistent sur une situation sociale inchangée, mais le mouvement s’est cependant érodé depuis un an, malgré un soutien encore important dans la population. Le week-end des 16 et 17 novembre a montré d’évidence que les gilets jaunes sont toujours là, comme ils le clament acte après acte. Pour autant, le pays n’a pas été bloqué ce week-end contrairement aux attentes de nombre d’entre eux.

Ainsi, l’espoir exprimé par certains délégués gilets jaunes lors de l’Assemblée des assemblées à Montpellier début novembre de créer un mouvement continu entre le 17 novembre et le 5 décembre, date de la journée de grève contre la réforme des retraites, ne semble pas vraiment en mesure de se concrétiser. Cependant, même si le blocage du pays n’a pas commencé avec l’anniversaire des gilets jaunes, une nouvelle manche va se jouer bientôt au mois de décembre. Les gilets jaunes seront encore de la partie.

 

Photos : Constance Meylan

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