La mobilisation traverse un trou d’air à son 56e jour

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À la veille de la conférence sur le financement du système de retraite, la huitième journée de mobilisation interprofessionnelle enregistre un recul de fréquentation. En attendant une nouvelle date, probablement pour la semaine prochaine, qui devrait tomber dans la soirée, nous vous racontons la journée et vous donnons le nombre de manifestants dans les plus grandes villes.

 

Comme pour toute longue grève ou tout mouvement social s’inscrivant dans la durée, il y a des journées d’exaltation et d’autres de soupe à la grimace. En cette huitième journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles contre la réforme des retraites, c’est plutôt la seconde qui prévaut. Un peu partout dans les cortèges : deux à trois fois moins de monde que lors des manifestations du 24 janvier. Malgré un rebond toujours possible — ce mouvement en ayant déjà connu — pour de nombreux syndicalistes, c’est le temps de l’interrogation : comment poursuivre la mobilisation contre un projet de réforme, rejeté par une majorité de la population, sans qu’elle s’étiole ?

L’intersyndicale nationale se réunit dans la soirée et devra tenter de répondre à cette question, alors que la contestation a connu un trou d’air en ce 56e jour. Depuis le 5 décembre, la volonté d’étendre à l’ensemble des salariés et fonctionnaires la reconduction de la grève n’a pas vraiment réussi à dépasser le périmètre des transports, même si de très nombreux secteurs d’activités sont entrés dans des mouvements de grève. Aujourd’hui, le repli vers une stratégie faite d’actions dans le plus de professions possibles, accompagnées de journées interprofessionnelles fortes hebdomadaires atteint un peu ses limites.

La répétition de journées de salaires perdues commence à produire son effet. L’obstination du gouvernement qui semble prêt à imposer sa réforme contre la rue, l’opinion, l’opposition parlementaire, le Conseil d’État et même contre la vérité use probablement les velléités d’une partie des opposants au projet de loi. De plus, le choix du mercredi comme date de manifestation n’a peut-être pas aidé. C’est en tout cas ce que semblent penser de nombreux manifestants croisés dans les défilés aujourd’hui. « La semaine dernière, la date principale était à la fin des trois journées de mobilisation. Nous pouvions utiliser les deux premières pour convaincre », explique un syndicaliste.

Pour autant, l’échec de cette journée ne signe pas la fin du mouvement contre le projet de loi du gouvernement. Une nouvelle date pour la semaine prochaine devrait sortir de la réunion de l’intersyndicale ce soir, avant un possible desserrement du calendrier à l’approche des vacances scolaire de février, pour tenter de rebondir en mars.

 

Les chiffres du jour dans les grandes villes

 

Paris : 180 000 selon la CGT (13 000 selon le ministère de l’Intérieur)

 

Marseille : 75 000 selon la CGT (4 500 selon la préfecture)

 

Lyon : 7 000 selon les syndicats (3 500 selon la police)

 

Nantes : 4 000 selon les syndicats (2 600 selon la police)

 

Lille : 5 000 selon les syndicat (1 600 selon la police)

 

Bordeaux : 10 000 selon les syndicats (3 000 selon la police)

 

Montpellier : 3 000 selon la CGT (2 400 selon la préfecture)

 

Rennes : 4 000 selon les syndicats (2 100 selon la police)

 

Toulouse : 35 000 selon la CGT (3 000 selon la police)

 

Rouen : 4 000 selon les syndicats (2 050 selon la police)

 

Le Havre : 7 000 selon les syndicats (2 500 selon la police)

 

Grenoble : 3 500 selon la CGT


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