Gilets jaunes : polémique autour du maintien de l’ordre à Toulouse

 

« Même les mémés aiment la castagne », chantait Claude Nougaro dans son ode à Toulouse. En tout cas, dans la ville rose, le ton monte entre la préfecture de Haute-Garonne et l’Observatoire des pratiques policières à propos du maintien de l’ordre. Hier matin, ce collectif de surveillance de l’action de la police dans les manifestations rendait public un rapport mettant en cause son intervention pendant le mouvement des gilets jaunes. Selon eux, elle viserait à dissuader les manifestants de défiler de samedi en samedi (lire notre article). Les observateurs décrivent un usage massif et disproportionné de l’arsenal à disposition des différents corps répressifs, en lui imputant une grande partie des violences commises par la suite et un grand nombre des blessés, tant chez les manifestants que chez de simples badauds.

Une accusation à laquelle le préfet de Haute-Garonne a réagi par voie de communiqué pour « dénoncer » les allégations de l’Observatoire des pratiques policières. Le représentant de l’État y affirme que l’usage de la force est encadré par la loi et respecte les « principes d’absolue nécessité et de proportionnalité ». Pour lui, l’usage de la force répond « à des situations d’émeutes ou de violences particulièrement graves », invoquant des manifestations non déclarées dans lesquelles se produisent des atteintes aux biens et des violences volontaires sur les forces de l’ordre. Une philosophie du maintien de l’ordre en ligne avec celle de l’occupant de la place Beauvau qui assigne une responsabilité collective à tous les manifestants.

C’est justement ce que dénoncent les observateurs qu’ils soient à Toulouse ou ailleurs : une surréaction des forces de l’ordre, dès lors que les manifestations ne sont pas déclarées, et des interventions qui visent indistinctement tous les manifestants, et parfois les passants voire les journalistes. De plus à Toulouse, le centre-ville est régulièrement « interdit » aux manifestations déclarées en préfecture.

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