Holiday Inn

Cinquantième jour de grève à Holiday Inn : « Nous pensons fêter Noël en famille »

Alors, que les femmes de chambre, les plongeurs et équipiers de l’Holiday Inn de Clichy (Hauts de Seine) attaquent leur cinquantième jour de grève, les syndicats CNT-Solidarité ouvrière (CNT-SO) et CGT organisent une remise de chèque de soutien ce jeudi 7 décembre. Une caisse de grève essentielle pour ce long conflit.

 

« Cette caisse de grève est très importante », annonce Mirabelle Nsang, déléguée syndicale CNT-SO chez Héméra, l’entreprise responsable du ménage dans l’Holiday Inn de Clichy. Les 11 salariés en grève depuis le 19 octobre n’ont pas subi de perte significative de salaire.

« Nous avons distribué le 9 novembre l’intégralité des salaires du mois d’octobre » assure Étienne Deschamps, juriste de la CNT-SO du nettoyage, syndicat menant le mouvement. Ce 7 décembre, les chèques pour la paye de novembre vont être distribués à leur tour. Ils représentent autour de 90 % de leur salaire selon le syndicaliste. Depuis que le conflit s’est installé dans la durée, le soutien financier parvient régulièrement à l’adresse du syndicat CNT-SO ou de la CGT des hôtels de prestige et économiques qui appuie la grève. Un financement internet a également été mis en place sur le pot commun.

 

Un moral et une détermination intactes au bout de 50 jours

 

Une solidarité qui a permis aux femmes de chambre, plongeurs et équipiers de l’entreprise Héméra de tenir en gardant le moral. Les salariés ont aussi reçu la visite de personnalités politiques sur leur piquet de grève quotidien, tenu devant l’hôtel. Ainsi, Philippe Poutou, le candidat du NPA à la présidentielle, est venu les soutenir, comme avant lui, des élus de Clichy ou de la région. De quoi renforcer leur détermination.

Parallèlement, le 1er décembre, le syndicat CNT-SO des Bouches-du-Rhône s’est rassemblé devant l’hôtel Holiday Inn de Marseille pour faire connaître leur combat et augmenter la pression pesant sur l’Intercontinental Hôtel Group (IHG), propriétaire de l’établissement. Un appui en province bienvenu, en plus du soutien financier, pour donner un peu de baume au cœur aux grévistes. Autre moment fort : leur manifestation en commun avec les agents d’entretien de l’entreprise ONET des gares du nord de Paris, en grève, eux aussi, depuis plusieurs semaines.

Le mouvement a ainsi pu tenir pendant 50 jours. De 33 grévistes sur 35 salariés au début de la lutte, ils sont toujours onze irréductibles à se réunir tous les jours devant l’hôtel, depuis l’ancrage du conflit dans la durée. « Tous les salariés sont avec nous, mais il y a eu des pressions de la direction et au début nous ne savions pas qu’il y aurait une caisse de grève. », affirme Mirabelle Nsang de la CNT-SO, pour expliquer la reprise du travail d’une partie de ses collègues.

 

Négociation : du blocage à de petits signaux d’ouverture

 

D’abord fermée à toutes discussions — avec des grévistes réclamant le retour à leur poste d’agents mutés arbitrairement et le paiement des heures supplémentaires — l’entreprise Héméra a changé son fusil d’épaule. Mais trop tard. Après une si longue grève, les 11 salariés ne se contentent plus d’un retour à une « normalité » qu’ils qualifient volontiers d’esclavage. Aujourd’hui, les 11 veulent leur intégration dans les effectifs d’Holiday Inn pour lequel ils travaillent depuis longtemps, malgré la valse des entreprises sous-traitantes.

À défaut, ils souhaitent au moins qu’Holiday Inn prenne un autre sous-traitant, plus respectueux de leurs conditions de travail. La direction de l’hôtel comme le groupe IHG, propriétaire de l’enseigne, ont longtemps ignoré le conflit, renvoyant la responsabilité sur le seul sous-traitant. Mais l’effondrement de l’occupation des 260 chambres de l’hôtel semble modifier leur attitude au bout de 50 jours de grève. Un contact entre le syndicat et la direction du groupe IHG doit être noué dans la journée. Pour autant, les grévistes ne relâchent pas la pression et prévoient un rassemblement le samedi 16 décembre devant la direction d’IHG à Londres.

En attendant, la solidarité se poursuit. La Compagnie Jolie Môme jouera pour les salariés d’Holiday Inn le 10 décembre. La moitié des recettes sera redistribuée aux grévistes. De quoi mettre un peu de beurre dans les épinards en vue des fêtes de Noël.

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