Violences policières : une manifestation impressionnante

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Alors que la thématique des violences policières a pris une place importante dans les débats de ces dernières semaines, la colère continue de s’exprimer lors des manifestations. Après une mobilisation historique le 2 juin dernier, le Comité vérité et justice pour Adama appelait une nouvelle fois à se mobiliser ce samedi 13 juin.

 

« Tout le monde déteste les fachos ». S’il a été nécessaire de rappeler ces mots en début de manifestation, c’est parce que des membres de Génération Identitaire ont perturbé le rassemblement, en tendant une banderole sur le toit d’un bâtiment de la place de la République à Paris. Pour autant, cette douzaine de militants d’extrême droite n’est pas venue à bout de la détermination des manifestants. Beaucoup de jeunes, dont une proportion importante de personnes racisées, ont ainsi affiché leur volonté d’en finir avec une police jugée raciste et violente. « Qu’on n’ait pas à revenir », « on doit être la dernière génération à faire ça », pouvait-on lire sur les pancartes.

À ce nouveau rassemblement : 15 000 personnes selon la préfecture, 120 000 selon les organisateurs. En tout cas, une place de la République pleine comme un œuf. Si l’on pouvait croiser quelques partis politiques (PCF, EELV, NPA) et des syndicats (CGT, Solidaires), ce sont majoritairement des jeunes sans affiliation politique revendiquée qui ont tenu pendant plusieurs heures la place. Les pancartes exprimaient divers messages : hommages à George Floyd « I can’t breath », énumérations des victimes de l’institution policière depuis 20 ans, et même des revendications plus surprenantes dans le paysage français comme le définancement voire l’abolition de la police.

Aux alentours de 15 h 30, c’est un affrontement sur les toits entre des militants antifascistes et les membres de Génération Identitaire qui débute. Des coups sont échangés, et parmi les encouragements des manifestants, on ressent également une inquiétude quant à l’issue de cette rixe. Finalement, un homme sort d’une fenêtre, grimpe sur le toit et décroche la banderole, alors que les militants d’extrême droite sont occupés à en découdre avec le premier groupe. Les membres de Génération Identitaire seront quant à eux interpellés par la police, une fois cet épisode terminé.

Si le rassemblement devait initialement aller jusqu’à la place de l’Opéra, les forces de l’ordre en ont décidé autrement. Vers 15 h, Youssef Brakni, une des figures du collectif Adama était en train de négocier avec la police pour que la manifestation puisse suivre son cours. Pour la maréchaussée cependant, les rassemblements de plus de 10 personnes étant toujours interdits, cela n’était pas envisageable. Un comble quand on sait que 5 heures plus tard, le Conseil d’État rétablissait la liberté de manifester pour les groupes de plus de 10 personnes.

Après un long statu quo, les bombes lacrymogènes vident partiellement la place. Un nombre important de manifestants ne se laisse cependant pas intimider et esquisse un départ en manifestation, vite bloqué par des barrières de CRS à la sortie de la place. Des petits groupes continueront tout de même d’occuper République pour finir assez calmement cette après-midi intense en émotion. Ailleurs dans Paris, d’autres ont malgré tout décidé de manifester. Des cortèges se sont ainsi formés sur le boulevard du Temple, ou à Belleville.

Si cette manifestation a été un succès indéniable à Paris, les rassemblements dans les autres villes de France auront été moins impressionnants. À Lyon, 2000 se sont regroupées devant le palais de justice. Là aussi, la tentative de départ en cortège a été stoppée par les forces de l’ordre. Nasses et gaz lacrymogènes ont accueilli les manifestants. À Montpellier, à peine un millier de personnes ont foulé le pavé. Cette fois-ci, contrairement au 2 juin, la jeunesse ne s’est que peu déplacée. A Nantes, 500 à 700 personnes ont réclamé justice pour Adama selon Ouest-France.

Pour autant, le combat est ainsi loin d’être terminé. « Nous manifesterons toutes les semaines s’il le faut », rappelait Assa Traoré lors d’une conférence de presse une semaine auparavant.


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