Soulèvements de la Terre Lyon

Soulèvements de la Terre à Lyon : foisonnement d’actions contre Bayer-Monsanto


 

Ce samedi 5 mars, 1500 à 2000 personnes ont manifesté à Lyon contre la présence de Bayer-Monsanto dans la ville. Mais la manifestation n’était que la conclusion d’une campagne composée de multiples actions contre la multinationale pharmaceutique et agrochimique. Pour la première fois, les Soulèvements de la Terre ont reçu l’aide des Faucheurs volontaires, qui ont mené une action nationale dans le cadre de cette campagne.

 

A deux pas du siège français de Bayer-Monsanto, face à la mairie du 9eme arrondissement lyonnais, Fernand s’enthousiasme. « Ça me fait chaud au cœur de voir autant de jeunes ». Venu de la région toulousaine, ce Faucheur volontaire, qui milite depuis 2003, participe pour la première fois à une campagne des Soulèvements de la Terre.

Nés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, après la lutte victorieuse ayant abouti à l’abandon du projet d’aéroport, en 2018, les Soulèvements de la Terre sont une coalition de diverses associations, syndicats et groupes militants qui appellent régulièrement à mener des actions en faveur de l’environnement un peu partout en France. Parmi elles : la reprise de terres viticoles dans le Jura ou encore la lutte contre les méga bassines du côté de Niort. Fin 2021, la coalition militante lançait  une campagne intitulée « Bye-Bye Bayer, Ciao Monsanto ». Dans un communiqué particulièrement incisif, les « Soulèvements » lançaient un ultimatum à l’entreprise, la sommant de quitter la ville. Les organisations qui se rallient à l’appel sont nombreuses : Extinction Rebellion, La Confédération Paysanne, le groupe antifasciste lyonnais la GALE, l’association Secrets Toxiques ou encore les Faucheurs Volontaires, pour n’en citer que quelques unes.

 

Tous les regards fixés sur Lyon

 

Hasard ou pas, les appels à « assiéger » Bayer-Monsanto ont attiré l’attention des politiciens locaux, des médias et des forces de l’ordre. Chacun était concentré sur ce qui pouvait se passer en ville, permettant aux activistes de mener leurs actions en périphérie. A Lyon, un périmètre d’interdiction de manifester comprenant le siège de Bayer-Monsanto a été délimité par la préfecture et la manifestation s’est finalement tenue dans le calme sur un parcours déclaré.

En revanche, ce samedi 5 mars au matin, plusieurs centaines de personnes se sont rendues à Villefranche-Sur-Saône pour envahir un des plus gros sites français de production de Bayer-Monsanto. « Les militants se sont mis en bloc et ont défoncé les grillages, comme des voitures bélier », raconte Fernand, admiratif. Le site a été mis à l’arrêt. « Nous les faucheurs, quand on fait des actions, on vient couper les grillages avant, on n’a plus vingt ans », détaille le militant toulousain. Les Soulèvements de la Terre déplorent 17 arrestations lors de cette action. Toute l’après-midi, une partie des militants s’est rendue au commissariat pour exiger la libération de leurs camarades.

« Vingt ans » ou pas, les faucheurs n’ont pas perdu la main n’ont plus. Et ils sont également venus apporter leur pierre à l’édifice dans la campagne contre les géants des pesticides. Cette fois ce n’est pas Bayer-Monsanto qui est visé mais l’entreprise BASF Agri-Production de Genay, leader allemand de la chimie, au nord de Lyon. Le 4 mars au matin, 80 à 90¨faucheurs et faucheuses s’introduisent sur le site pour y effectuer ce qu’ils appellent une « visite citoyenne ». Un type d’action particulièrement prisé par leur organisation et qui consiste à aller inspecter les sites de production pour voir s’ils ne contiennent pas des produits illégaux. « Nous sommes entrés sur ce site Seveso 2 en cinq minutes, ce qui montre au passage son faible niveau de protection, et on y a trouvé des produits interdits à la production et à la commercialisation », résume Marion, faucheuse. A la sortie, les militants ont été contrôlés par des officiers de police judiciaire pendant deux heures, mais tous les activistes sont repartis libres. Enfin d’autres actions ont eu lieu ailleurs en France. Ce 5 mars, les militants d’Extinction Rebellion ont également manifesté devant le site Bayer-Monsanto de Trèbes, dans l’Aude.

 

Mener des actions et se rencontrer

 

Diversité des modes d’action, mais action quand même. C’est en somme le mantra des Soulèvements de la Terre. « Ce qu’on veut montrer, c’est que pour lutter contre l’empoisonnement des sols, les méga bassines ou contre Bayer-Monsanto, il faut développer les actions de blocage ou d’occupation. Et je vous assure que ça parle aux gens », explique Benoît, militant des Soulèvements de la Terre.  La démonstration plaît aux Faucheurs volontaires : « Nous aussi on essaie de s’élargir, de rencontrer d’autres militants », assure Fernand. Du côté de la Confédération Paysanne, la volonté de rencontre est partagée. « Nous sommes un syndicat mais nous ne sommes pas ici uniquement pour défendre les intérêts des paysans, nous défendons un projet de société à l’exact opposé de ce que nous promet Bayer et notre place est aussi ici. », affirme Vincent syndicaliste à la Confédération paysanne venu de la Drôme.

« Pour ce qui est des Faucheurs, certains de leurs militants étaient déjà présents dans nos actions, mais cette fois c’est vrai qu’ils sont venus de manière plus officielle. De toute façon, les Soulèvements de la Terre fonctionne par agrégation. On ne se rencontre jamais mieux que lorsqu’on mène des actions ensemble », conclut Benoît.  La prochaine action des Soulèvements de la Terre aura lieu près de Niort, contre les méga bassines.